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Syndicat Mixte d'Aménagement
de la Moyenne et Basse Vallée de l'Ognon
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Dynamique alluviale

Le profil actuel de la vallée de l'Ognon a été profondément marqué par l'exploitation de matériaux alluvionnaires le long du Rahin et de l'Ognon. Dans une région essentiellement calcaire, les graviers de la vallée de l'Ognon, de nature siliceuse, représentent en effet, une ressource naturelle intéressante.

Les impacts sur la qualité des milieux et le fonctionnement des rivières de ces pratiques ont été et restent très structurants pour le fonctionnement de l'Ognon, même si l'essentiel des dommages est dû aux extractions en lit mineur pratiquée jusqu'à la fin des années 1970. 2.5 à 3 millions de m3 de matériaux ont ainsi été extrait dans les secteurs d'Emagny et de Beaumotte.

Une rupture très nette est observée au droit de la confluence de l'Ognon avec le Lauzin et le Scey. Cette dichotomie est très marquée, tant sur le plan de la géologie que du relief et surtout de la densité de drainage. Cette limite se traduit aussi par une différence d'alimentation en sédiments dont le rôle est majeur dans la dynamique alluviale. L'unité située à l'amont de Villersexel est très productive en sable et gravier, dérivés de la décomposition des granites et des grès, tandis que celle située à l'aval fournit peu de sédiments (moins d'altération permettant la création d'une charge alluviale). La dynamique fluviale de l'Ognon est relativement active et les taux d'érosion latérale ont atteint 32 hectares sur 20 ans (1980 et 2001) soit 1,6 ha par an, sur les 215 km du cours d'eau.

De la Saône au PK 150 environ (Pont-sur-l'Ognon), les berges, hautes de 1,5 à 2,5 m, sont constituées à 99% d'un matériau limono-sableux, relativement cohésif. En amont de Pont-sur-l'Ognon, on commence progressivement à observer l'apparition, d'abord en pied de berges puis sur toute son épaisseur, de matériaux graveleux puis caillouteux.

On observe, par exemple, que près de 75% de la « surface alluviale » cumulée se situe dans la première moitié de l'Ognon, sensiblement en amont de Cirey-les-Bellevaux et Beaumotte. Un « pic » d'alluvionnement est observable entre Longevelle et Pont-sur-l'Ognon et un second entre Maussans et Cirey. En aval de Cromary, les bancs alluviaux sont quasi inexistants.

De même que la quantité, la qualité granulométrique des alluvions évolue aussi de l'amont vers l'aval. On constate une nette réduction de la taille des alluvions, particulièrement significative entre Autrey et Beaumotte, qui s'atténue ensuite entre Beaumotte et Marnay.

Les principales conclusions de l'étude menée en 2003 sont :

  • Le stock alluvial du lit mineur de l'Ognon et de ses affluents est une « ressource » d'un volume fini, c'est à dire non renouvelable à notre échelle de temps. Il a été très fortement exploité par des extractions des années 50 aux années 70 et a probablement même été épuisé dans l'unité 2 (moyenne et basse vallées).
  • Le reliquat de ce stock, encore visible en haute vallée (amont du PK 150, correspondant à l'unité 1) est en cours d'évacuation vers l'aval.
  • Le transit vers l'aval de ces sédiments grossiers indispensables à l'équilibre géodynamique de l'Ognon est bloqué à partir du PK 110 environ, par les nombreuses fosses des anciennes extractions en lit mineur.
  • Les très nombreux barrages, dont 70% environ n'ont actuellement plus d'usage économique, jouent un rôle de piégeage sensiblement identique.
  • La haute vallée, où les alluvions grossières du lit majeur auraient pu, par les processus d'érosion de berges, contribuer à réalimenter l'Ognon en charge alluviale de fond, a connu un programme de stabilisation de ses berges au cours des années 90. Ces zones d'apport solide sont aujourd'hui très limitées dans l'espace.
  • Dans l'unité amont (haute vallée), de nombreuses extractions en lit majeur ont remplacé celles en lit mineur. Leurs impacts sont moindres que les précédentes mais elles présentent au moins deux inconvénients vis à vis de la dynamique fluviale de l'Ognon :
    • Elles remplacent un volume alluvial potentiellement disponible pour l'équilibre géodynamique de la rivière par un volume de « vides »
    • Elles peuvent, en cas de capture du cours d'eau, piéger le reliquat de charge alluviale en transit.
  • Les affluents principaux de l'Ognon sont très peu chargés en alluvions grossières elles aussi assez fortement exploitées durant la même période que sur l'Ognon.
  • Les quelques curages ponctuels que nous avons pu observer vont dans le même sens d'une aggravation du déficit sédimentaire de l'Ognon
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